
Octobre Rose est souvent l’occasion de parler dépistage, prévention et sensibilisation au cancer du sein. Mais il existe un autre sujet dont on parle peut-être un peu moins : la place de l’activité physique dans la prévention et l’accompagnement de la maladie.
Et non, pas besoin de courir un marathon ou de soulever 100 kilos pour que l’activité physique compte. De nombreuses études montrent qu’une activité physique régulière est associée à une diminution du risque de cancer du sein. Lorsqu’un cancer a été diagnostiqué, bouger peut aussi trouver sa place dans le parcours de soins. La pratique doit alors s’adapter à chaque situation. Alors, concrètement, que sait-on aujourd’hui sur le sport et le cancer du sein ?
Et si bouger faisait déjà partie de la prévention ?
Les recherches menées ces dernières années montrent un lien entre le niveau d’activité physique et le risque de développer un cancer du sein. Les personnes les plus actives présentent globalement un risque plus faible que celles qui le sont moins.
Cela ne veut évidemment pas dire que faire du sport garantit de ne jamais développer un cancer du sein. Le cancer est une maladie multifactorielle. De nombreux éléments peuvent influencer son apparition. L’activité physique reste l’un des facteurs sur lesquels il est possible d’agir.
C’est plutôt une bonne nouvelle. Contrairement à certaines habitudes difficiles à modifier du jour au lendemain, bouger davantage peut commencer de manière très simple. Marcher davantage. Prendre le vélo. Faire du renforcement musculaire. Courir. Nager. Faire une séance de sport. Ou simplement éviter de passer toute sa journée assis. Inutile de transformer son quotidien en préparation olympique !
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Le corps aime quand on le fait bouger
Les chercheurs étudient plusieurs mécanismes qui pourraient expliquer le lien entre activité physique et diminution du risque de certains cancers. L’activité physique peut notamment agir sur la composition corporelle, le métabolisme, certaines hormones et différents mécanismes liés à l’inflammation.
Autrement dit, il n’existe pas de bouton magique sur lequel appuyer pendant une séance de sport pour éloigner le cancer. C’est plutôt l’effet cumulé d’une activité physique régulière et d’un mode de vie actif qui semble compter. Et c’est probablement le point le plus intéressant à retenir : en matière de prévention, la régularité compte davantage que la recherche de la séance parfaite.
Quand le sport trouve sa place pendant les traitements
Un diagnostic de cancer du sein ne signifie pas nécessairement qu’il faut mettre toute activité physique entre parenthèses. Au contraire, l’activité physique peut avoir une place pendant et après les traitements. Il faut simplement l’adapter à l’état de santé et aux capacités de la personne.
L’activité physique adaptée, ou APA, accompagne notamment les personnes pendant et après les traitements. Elle peut contribuer à améliorer la qualité de vie et l’état psychologique. Elle peut aussi aider à mieux gérer certains effets liés à la maladie ou aux traitements, comme la fatigue, les douleurs ou l’anxiété. Ici, un mot est particulièrement important : adaptée. Il ne s’agit évidemment pas de reprendre immédiatement son niveau sportif d’avant le diagnostic. Encore moins de chercher à battre son record personnel.
L’APA prend en compte la maladie, les traitements, la condition physique et les éventuelles limitations de chacun. Elle permet surtout de trouver une façon de bouger qui soit progressive, régulière et compatible avec la situation de la personne.
Après un cancer, reprendre le mouvement à son rythme
Les chercheurs s’intéressent également au rôle de l’activité physique après un cancer du sein. Plusieurs travaux suggèrent qu’une activité physique régulière après le diagnostic pourrait être associée à un risque plus faible de récidive et à de meilleurs résultats de santé.
La nuance est essentielle : le sport ne garantit évidemment pas d’éviter une récidive. Il ne remplace ni les traitements ni le suivi médical. Mais les données disponibles suggèrent que l’activité physique peut faire partie des habitudes favorables à la santé après un cancer du sein. Et au-delà de la récidive, bouger peut aussi aider à retrouver progressivement des capacités physiques. Cela peut également aider à mieux gérer la fatigue et à reprendre confiance dans son corps.
Pas besoin d’en faire des tonnes pour commencer
La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de tout révolutionner du jour au lendemain. Les recommandations de santé encouragent les adultes à pratiquer régulièrement une activité physique. Elles préconisent notamment de combiner activité d’endurance et renforcement musculaire.
Mais lorsqu’une personne est concernée par un cancer ou suit un traitement, ces repères doivent s’adapter à sa situation. Ils doivent aussi être discutés avec les professionnels qui l’accompagnent. Et surtout, toute activité compte. Une marche. Quelques exercices de renforcement. Une séance adaptée. Une reprise progressive du vélo ou de la course. Une activité en groupe.
L’objectif n’est pas forcément de faire plus. Il s’agit avant tout de trouver une manière de bouger qui soit possible, régulière et adaptée à son état de santé. Quand on est concerné par un cancer, l’objectif n’est pas forcément d’en faire toujours plus. C’est de trouver la bonne façon de bouger, au bon moment, et surtout à son propre rythme.
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Bouger pour prendre soin de soi, tout simplement
Le sport ne remplace ni le dépistage, ni les traitements, ni l’accompagnement médical. Mais les données scientifiques sont de plus en plus nombreuses à montrer que l’activité physique peut jouer un rôle intéressant dans la prévention du cancer du sein et dans l’accompagnement des personnes touchées par la maladie. Et finalement, c’est peut-être la meilleure raison de bouger : pas seulement pour performer, mais pour prendre soin de soi, aujourd’hui comme sur le long terme.
Octobre Rose est donc aussi l’occasion de rappeler une chose simple : prendre soin de sa santé ne se résume pas à une seule action. Se faire dépister, être attentif à sa santé, rester actif et se faire accompagner lorsque cela est nécessaire font tous partie du même objectif : prendre soin de soi.